histoire - Tir Historique de Finges

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Du tir commémoratif au tir historique de Finges

 
Il s’agissait jadis d’une forêt légendaire, actuellement, sa beauté est contemplée chaque année par les visiteurs lors de cet important événement, le tir historique de Finges.

Depuis la célébration du 150ème jubilée de la bataille de Finges, en 1949, un tir commémoratif est organisé chaque. Depuis 1964 et ceci grâce aux efforts considérables de la part du CO ainsi que des tireurs, ce tir est organisé sous l’appellation « Tir historique ». Il a lieu chaque année durant le weekend de Pentecôte.

Nous sommes heureux de pouvoir accueillir des tireurs et des invités de toute la Suisse. Que le tir historique de Finges rappelle chaque année que les vraies valeurs de notre patrie sont à acquérir continuellement, dans la solidarité, avec une soif pour la liberté et avec courage. Aux actifs, nous adressons nos vœux de réussite lors des tirs, aux accompagnants/tes, un agréable séjour dans le Bois de Finges, dans ces lieux où nos ancêtres, alors qu’ils se battaient pour la liberté et défendaient leur patrie, ont trouvé une mort héroïque. Nous souhaitons que de nouvelles amitiés se tissent et que des anciennes puissent se rafraîchir.

 

"CE QUI EST ARRIVÉ"

 
La forêt de Finges (Pfynwald), située sur la rive gauche du Rhône, est entourée au Sud par les parois abruptes du Gorwetschgrat et au Nord par le cours sauvage du Rhône. La rive droite du fleuve est également formée de falaises et de rochers qui ne laissent que peu de possibilités de passage. C’est sur ces hauteurs que se trouvaient les deux places stratégiques de Loèche (Leuk) à l’Est et de Varone (Varen) à l’Ouest, séparée l’une de l’autre par la Dala, rivière tumultueuse qui a creusé son lit au fond de gorges infranchissables. En un seul point, près de son affluent avec le Rhône, un pont permettait de passer d’une rive à l’autre.

Les Hauts-Valaisans comprennent rapidement l’importance stratégique des places fortes de Loèche et Varone et y construisent des fortifications. Le pont de la Dala est renforcé par un petit fortin. Ils érigent également un rempart derrière le village de Finges qui s’étend depuis les parois rocheuses du Gorwetschgrat jusqu’au Rhône. Le campement principal des Hauts-valaisans devait se situer en avant de la grande forêt de La Souste, à proximité de la colline sur laquelle se dresse actuellement le monument de Finges.

Le nombre d’hommes réunis à Finges avoisinait les 2-3 000, composés de Haut-Valaisans et de renforts des autres cantons de Suisse centrale. Leur armement laissait à désirer, ils manquaient de plomb, de poudre à canon et d’armes à feu. Ils avaient néanmoins huit canons de petit calibre en leur possession. En ce qui concerne les vivres et autres fournitures de première nécessité, ils leur étaient acheminés en abondance depuis les campagnes fertiles du Haut-Valais.

En face, les forces ennemies étaient composées de 3 bataillons de la 110e demi-brigade d’infanterie de ligne110 sous le commandement du brigadier Lollier (env. 1600 hommes), quelques compagnies de la 57e Demi-Brigade d'Infanterie de Ligne (env. 200 hommes), un détachement du 7e régiment de hussards (environ 100 hommes), 1 300 hommes des régiments bas-valaisans et encore 1 000 hommes des régiments vaudois, en tout donc environ 4 000 hommes.

Le quartier général des Français se trouvait à Sierre dans le quartier de Glarey jusque sur la colline de Rawyr et sur la rive gauche du Rhône ils contrôlaient tout le secteur des collines de la petite forêt de Finges. C’est de là d’ailleurs qu’ils entretenaient un bombardement d'artillerie en direction du camp adverse.

L’approvisionnement en vivres et autres denrées de première nécessité était loin d’être suffisant, les généraux français exigeaient que les collectivités publiques bas-valaisannes les leur fournissent dans les plus brefs délais, ce qui était impossible dans le contexte. Les soldats se livraient donc à des pillages et vols dans les villages alentour, voire à des crimes de guerre.

Le 9 mai 1799 marque le début des hostilités à proprement parler. Lollier envoie 400 hommes à l’assaut de Varone et dans le même temps une colonne s’avance en plaine à travers le bois de Finges. Cette dernière se heurte à une forte résistance des Hauts-Valaisans qui détachent des blocs de pierre et les font rouler sur leurs ennemis depuis les parois rocheuses du Gorwetschgrat. Du côté de Varone les troupes françaises réussissent à s’emparer momentanément du village, mais après un combat acharné les Hauts-Valaisans là aussi parviennent à les mettre en fuite.

Après cette défaite, Lollier décide de ne plus rien entreprendre avant l’arrivée de renforts. Ceux-ci finissent par arriver le 13 mai sous le commandement de l’adjudant général Schinner. Schinner avait été officier dans le régiment de Courten au service de la France, mais après la dissolution de ce dernier en 1792 il était passé dans les troupes nationales révolutionnaires françaises. Il avait été chargé par le gouvernement helvétique de prendre le commandement de toutes les forces en présence à Sierre et de mater les rebelles hauts-valaisans. Cependant il se rend compte assez rapidement, compte tenu des circonstances, qu’il lui faudra une troupe plus nombreuse et mieux équipée pour atteindre son but, et il demande aux autorités helvético-françaises un renfort supplémentaire de 3 000 hommes.

A peu près en même temps que l’arrivée de Schinner, quelques soldats autrichiens franchissent le Simplon et viennent prêter main forte à l’armée haut-valaisanne. Les troupes autrichiennes, cantonnées en Italie du Nord, avaient été informées de la situation par des envoyés du conseil de guerre du Haut-Valais. Hélas, les quelques hommes qui parviennent au camp de Finges remontent certes le moral des troupes mais sont en nombre insuffisant pour apporter un réel soutien militaire. D’ailleurs, les promesses des Autrichiens d’envoyer plus de renforts resteront vaines et cela contribuera à la défaite.

Le combat que se livrent les deux camps peut être qualifié de guerre de position, avec des forces en présence à peu près égales. Tantôt ce sont les Français qui tentent un assaut et qui sont repoussés, tantôt c'est le contraire. Il n’y a alors ni vainqueur ni perdant.

Cependant l’inquiétude gagne les Français, car leur armée d’Italie subit de nombreux revers et on craint que les troupes autrichiennes franchissent le Grand-St-Bernard et qu’ils soient pris entre deux feux ennemis. Une partie des troupes stationnées à Sierre est même envoyée en renfort dans le Bas-Valais.

Au sein des troupes helvético-françaises, la rumeur court que leur commandant, Schinner, fait intentionnellement en sorte de ne pas battre l’ennemi pour épargner son frère, engagé dans le camp adverse. Rumeur infondée mais qui le pousse bientôt à abandonner son poste. Le 20 mai, il se rend à Lausanne où le général français Xaintrailles rassemble une armée importante pour mater une bonne fois pour toutes les insurgés. Ils arrivent à Sierre le 26 mai, avec des troupes fraîches, bien équipées et entraînées.

Du côté haut-valaisan on note l’arrivée de quelques renforts autrichiens, mais bien modeste en comparaison avec le camp adverse. Le conseil de guerre nomme un officier autrichien, le lieutenant Ducka, à la tête de l’armée. Une attaque est planifiée pour le 27 mai au matin.

Aux premières lueurs du jour 300 alpinistes hauts-valaisans descendent les parois rocheuses des gorges de la Dala au lieu-dit « Koln » en dessus de Inden, réussissent à passer sur l’autre rive et donnent l’assaut à Varone. La garnison française, surprise, finit par abandonner la position et fuit en direction de Sierre et Salquenen.

Les Hauts-Valaisans attaquent sur deux fronts en même temps et sur la rive gauche du Rhône ils chassent les Français de la basse forêt de Finges (région des collines). Le village de Chippis est également attaqué. Le combat dure trois heures et se solde par une victoire haut-valaisanne. Les Français sont obligés de se retrancher dans leur campement.

Les vainqueurs commettent alors une erreur stratégique qui leur sera fatale. Au lieu de continuer leur avancée sur Sierre et d’en chasser les occupants, ils font demi-tour et retournent dans leur camp de Finges. Ils y fêtent la victoire jusqu’à tard dans la nuit, et négligent de renforcer les sentinelles.

Le soir même, un nouveau renfort de 1 600 à 1 900 hommes vient rejoindre les troupes du général Xaintrailles. Celui-ci décide de riposter immédiatement en profitant de l’effet de surprise et dans le plus grand silence, aux environs de minuit, ses hommes se mettent en marche en direction du camp des Hauts-Valaisans à Finges.

Il est déjà trop tard lorsque le premier coup de feu retentit, les Hauts-Valaisans n’ont pas le temps de s’équiper, déjà les hordes ennemies déferlent de toute part, abattant, égorgeant et semant la panique. Plus de 200 Hauts-Valaisans sont tués, mais ils se battent avec bravoure et réussissent à infliger de lourdes pertes à leurs agresseurs. Voyant qu’il ne leur reste que la fuite comme seul espoir de survie, ils abandonnent finalement le combat et battent en retraite dans le désordre le plus total.

Une partie des hommes tentent de fuir en longeant le Corwetschgrat mais ne parviennent pas à franchir le torrent de l’Illgraben. Ils se font massacrer par les Français lancés à leurs trousses. D’autres ont momentanément plus de chance en réussissant à franchir le Rhône en formant une chaîne humaine et à fuir de côté d’Erschmatt et de Loèche désertés par leurs habitants.

Parallèlement à l’attaque du camp de Finges, le pont de la Dala est également la cible des Français. Rapidement ils s’en rendent maîtres et à quatre heures du matin font leur entrée dans le bourg de Loèche où ils se livrent à une mise à sac totale. Des Hauts-Valaisans qui se rendent aux Français se voient précipités dans le Rhône depuis le pont qui traverse le Rhône. Beaucoup de blessés se réfugient dans une chapelle qui borde la route de Loèche, ils y sont tous tués et leurs corps jetés au Rhône.

Après cette défaite, tous les villages, toutes les campagnes du Haut-Valais subirent le même sort et le général Xaintrailles, à qui on demanda de rendre des comptes sur les exactions dont ses troupes s’étaient rendues coupables, se contenta de répondre qu’on lui avait donné l’ordre de réduire la rébellion à néant, et que ses troupes avaient exécuté cet ordre à la lettre.

Source Wikipédia
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